Voyages
L'été, pour les scientifiques, c'est la saison des congrès. Un vieux prétexte bien connu des médecins pour se tirer à Hawaï ou aux Fidji sans la famille...
Bref, en ce qui me concerne, je vais enfin m'extraire de mon canapé, épuisé par des heures de BSG (vraiment extraordinaire, cette série. Et ceux qui me connaissent savent que s'il y en a un qui n'a rien d'un fan d'épisodes et de saisons, c'est bien moi), et je vais aller retrouver mes icebergs de Terre-Neuve, puis découvrir l'Ontario, enchaîner avec le Nouveau-Brunswick et enfin finir là, au pays des cétacés (l'université du coin est, paraît-il, envahie de Français qui sortent du bac pour aller sauver les baleines (de quoi, d'ailleurs ?) mais qui se rendent compte, un peu échaudés, qu'il faut d'abord faire des études en sauvage de baleine).
Dans ce dernier endroit, j'ai vu une table d'examen post-mortem pour baleines. Sept tables de ping-pong alignées en longueur. J'attends impatiemment de revoir le poulpe géant et ses copains les narvals qui trônent dans les divers halls d'entrée des centres de recherche.
Bref, tout ça pour vous dire que moi qui ai tant haï la bio d'une sainte colère, qui lui ai toujours trouvé une imprécision exaspérante, je me laisse peu à peu gagner par les enjeux scientifiques bien présents du domaine, tout autant que par l'envie de contrer certaines conclusions un peu trop définitives. Décidément, j'aime les domaines conflictuels.
Mais lors de ces voyages que j'essaie toujours de prolonger, il y a surtout la découverte. Les rues tordues de Jérusalem, le dôme d'or sur l'esplanade vide, les escaliers intransigeants de Lisbonne, les highways poussiéreuses autour de Santa Fé, les petits trains rouillés de la Costa del Sol et donc, les chemins éclaboussés des falaises de Terre-Neuve, presque invisibles dans la brume perpétuelle. Des lieux de passage que j'aime emprunter seul.

Feignasse ! Passe son temps à s'balader en jouant les tellectuels ! Produit rien ! Travailler moins pour gagner plusse !
Ah ma bonne dame, y'en a qu'on bien l'temps j'vous dis d'avoir d'la sensibilité ! z'en foutent pas une !
Enfin, reusement qu'cheu nous i' fait beau...
Bises.
Rédigé par:Le Deg | le 06 mai 2008 à 11:47
Ah, je retrouve ton mauvais esprit avec bonheur, Deg !
Mais bon, ça fait des années qu'on me jette des pierres en me traitant d'autiste improductif...
Et moi de répondre: s'il y a des gens qui sont prêts à me payer l'avion pour m'envoyer de l'autre côté de la terre, discuter avec de vieux chercheurs chenus qui pioncent aux conférences, je ne vais pas me gêner...
En fait le plus dur, c'est pas de piger les maths. C'est juste de se faire passer pour un scientifique.
Plus sérieusement, ces voyages ont surtout l'avantage de faire réfléchir, dans un autre environment. Ça aider parfois à trouver des pistes.
Rédigé par:Nico | le 07 mai 2008 à 14:34
et réflechir ça fait du bien! tu as fini tes déplacements infra canada ou tu repars te promener?
Rédigé par:Christine | le 12 mai 2008 à 11:46
Je découvre avec plaisir que ce blog contient toujours des billets de qualité (trop rares) ! Faudra bien qu'on retourne se faire une petite virée un de ces jours, à la mode andalouse...
Bises depuis la Grosse Pomme.
Rédigé par:Gou | le 15 mai 2008 à 06:16